Le PVe, késako ?
Le procès-verbal électronique (PVe) est la version dématérialisée du procès-verbal papier (timbre-amende). Lancé en 2009, ce dispositif a remplacé complètement les carnets à souches pour constater les infractions routières. Depuis 2022, les officiers du ministère public (OMP) n’acceptent plus les PV manuscrits. Le PVe donne lieu à l’expédition d’un avis de contravention au domicile du contrevenant. L’ensemble des opérations de verbalisation sont désormais effectuées de façon numérique :
- l’enregistrement de la contravention,
- la notification de la verbalisation
- et le recouvrement de l’amende.
Et l’ANTAI, c’est quoi ?
Quelles sont les infractions qui peuvent faire l’objet d’une verbalisation électronique ?
- Stationnement irrégulier (non-respect des règles d’arrêt ou de stationnement, stationnement très gênant ou dangereux, etc.) ;
- Petit excès de vitesse (dépassement des limitations de vitesse entrant dans le champ contraventionnel) ;
- Infractions au code de la route diverses : feux rouges brûlés, circulation en sens interdit, refus de priorité, non-port de ceinture, usage du téléphone au volant, etc. ;
Ne pas confondre PVe et FPS
✔ Une convention dite « cycle complet » pour les collectivités territoriales qui souhaitent lui confier l’édition et l’envoi des avis de paiement de FPS ;
✔ Une convention dite « cycle partiel » pour les collectivités qui décident d’assurer elles-mêmes ou par l’intermédiaire d’un prestataire privé la notification des avis de paiement de FPS, ce qui permet le traitement des FPS majorés uniquement.
En revanche, les stationnements interdits ou dangereux (ex : sur trottoir, sur emplacement handicapé sans droit, double file, etc.), qui restent des contraventions routières, sont pleinement traités via le PVe classique.
Qui peut dresser un procès-verbal électronique ?
- Le maire et les adjoints ont la qualité d’officiers de Police Judiciaire (OPJ) de par la loi, et peuvent à ce titre utiliser le PVe. Ce qui peut être intéressant pour les communes qui n’ont pas les capacités d’avoir une police municipale.
Numéro d’identification
- Les policiers municipaux : ils sont assermentés et compétents pour toutes les contraventions relevant de leurs attributions notamment pour les infractions routières.
-
Les gardes champêtres : officiers de police judiciaire adjoints en zone rurale, compétents notamment en matière de ruralité et d’environnement, ils peuvent également être autorisés à verbaliser via PVe pour les infractions relevant de leurs pouvoirs dont certaines infractions routières et infractions à la police des déchets.
-
Les ASVP (agents de surveillance de la voie publique) : ces agents, une fois agréés par le procureur et assermentés, ont un pouvoir plus limité (constatation de certaines infractions de stationnement et du code de la route prévue par le Code de la sécurité intérieure). Ils peuvent utiliser le PVe uniquement dans le cadre des infractions pour lesquelles ils ont compétence.
Comment faut-il procéder pour être conventionné ?
La commune doit se rapprocher de l’ANTAI pour se déclarer comme « service verbalisateur ». Concrètement, il s’agit aujourd’hui de créer un compte sur l’Espace Partenaires du site de l’ANTAI et de remplir le formulaire en ligne de déclaration. L’ANTAI attribue alors un code service unique à la commune. Ce code identifiera la collectivité dans tous les messages d’infraction transmis au Centre National de Traitement (CNT).
Une fois enregistrée, la commune signe avec l’État une convention relative à la verbalisation électronique sur son territoire. Il s’agit d’un contrat tripartite entre le maire, le préfet (agissant au nom de l’ANTAI) et l’ANTAI. Cette convention cadre fixe les engagements de chaque partie (voir encadré plus bas) et formalise l’accès de la commune au système PVe.
Quel matériel nécessaire ?
Deux options existent :
✔ Utiliser le logiciel PVe développé par l’ANTAI, mis gratuitement à disposition. Ce logiciel est accessible sur poste fixe (application de gestion centrale – AGC) et l’ANTAI peut fournir la version pour PDA/terminal mobile si demandé.
L’équipement à la charge de la commune comprend alors a minima un ordinateur avec accès Internet sécurisé et une tablette de signature pour la signature électronique des agents.
✔ Faire appel à un prestataire privé proposant une solution de verbalisation compatible. Dans ce cas, la commune lance un marché public pour acheter un pack incluant les terminaux (PDA smartphones durcis, imprimante éventuelle pour avis sur pare-brise), le logiciel de verbalisation certifié par l’ANTAI (attestation de compatibilité requise), les cartes à puce d’authentification pour les agents, la maintenance et la formation. De nombreuses solutions validées existent sur le marché.
Les terminaux des agents doivent disposer de toutes les fonctionnalités requises : lecteur de carte à puce (pour authentifier l’agent), appareil photo de bonne qualité (pour preuve par l’image), GPS si besoin (certaines applications l’utilisent pour géolocaliser l’infraction), et éventuellement une imprimante mobile si l’on souhaite déposer un avis de passage sur les véhicules en infraction.
Comment se déroule la mise en service opérationnelle ?
Avant la mise en service, il est impératif d’organiser la formation des personnels appelés à utiliser le matériel (par ex., bien cadrer les photos, vérifier la synchronisation en zone de faible couverture réseau, etc.). L’ANTAI ne dispense pas de formation personnalisée aux élus ou agents, mais fournit des guides d’utilisation dans l’interface une fois la convention signée.
Si la commune a fait appel à un prestataire, celui-ci assure généralement la formation pratique. Il est conseillé de réaliser une phase de test en conditions réelles et, le cas échéant, de solliciter l’appui de forces de l’ordre expérimentées – par exemple, demander conseil à la gendarmerie ou la police nationale locales lors des premières verbalisations électroniques. L’ANTAI peut planifier une date de mise en production avec la commune une fois qu’elle se sent prête.
La commune peut alors déployer officiellement le PVe sur le terrain, à la date convenue. Dès qu’un agent verbalisateur enregistre une infraction via l’appareil, le message d’infraction est transmis automatiquement (soit en temps réel via connexion mobile sécurisée, soit par synchronisation ultérieure) au Centre National de Traitement (CNT) de Rennes. Le CNT, via le Système d’Immatriculation des Véhicules (SIV), identifie le titulaire du véhicule et génère l’envoi postal de l’avis de contravention au domicile du contrevenant. La verbalisation électronique est alors pleinement opérationnelle. Le maire doit veiller à la bonne maintenance du dispositif dans la durée : mises à jour régulières des référentiels d’infraction (fichier NatInf fourni par l’ANTAI), renouvellement des certificats de sécurité si besoin, entretien ou remplacement des appareils, etc.
Que se passe-t-il après la verbalisation ?
- Le CNT envoie l’avis de contravention et des « avis d’information » peuvent être laissés par l’agent sur le pare-brise du véhicule pour informer qu’une verbalisation électronique a eu lieu. Ces avis, facultatifs mais recommandés pour le stationnement, sont des papillons sans valeur juridique immédiate (distincts de l’avis de contravention officiel qui arrivera par courrier). L’ANTAI fournit un modèle de ce papillon. Il faut alors imprimer à l’avance ces avis numérotés, ou disposer d’une imprimante mobile.
- Le contrevenant dispose des droits habituels : payer l’amende forfaitaire (minorée, normale ou majorée selon le délai) ou contester la contravention. S’il paye, la Direction générale des finances publiques assure le recouvrement.
Plus besoin de régie
- En cas de contestation, le courrier de réclamation est adressé à l’OMP compétent (tribunal de police via l’ANTAI). L’OMP instruit la contestation : il peut pour ce faire consulter l’agent verbalisateur pour obtenir des précisions sur les circonstances de l’infraction avant de décider des suites (classement sans suite ou saisine du tribunal).
Que retenir ?
Le procès-verbal électronique est un outil moderne et efficace à disposition du maire pour renforcer la sécurité routière et la discipline urbaine au sein de sa commune. Sa mise en place requiert une préparation minutieuse (réglementaire, technique, humaine), mais l’expérience montre qu’une fois en régime de croisière, le PVe apporte un gain de temps administratif, une fiabilité des procédures et contribue à la généralisation d’une réponse contraventionnelle. Dans les communes qui ne sont pas dotées d’une police municipale, ce dispositif peut être un outil à la main du maire et des adjoints. En respectant les étapes et points de vigilance, les collectivités peuvent déployer ce dispositif dans de bonnes conditions. Les maires disposent ainsi d’un levier pour exercer pleinement leur pouvoir de police, au bénéfice de la sécurité de tous.