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Assainissement

Sanctions en cas d’opposition au contrôle d’une installation d’assainissement

SPANC : un propriétaire peut-il s’opposer au contrôle de son installation par les agents du service d’assainissement ?

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Non : le propriétaire récalcitrant s’expose à une sanction financière de nature fiscale (au moins équivalente à la redevance qu’il aurait dû payer au service public d’assainissement si son immeuble avait été raccordé au réseau ou équipé d’une installation d’assainissement non collectif réglementaire). En outre, le fait de s’opposer à un contrôle par un agent assermenté est un délit passible de trois mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende.

Droit d’accès aux propriétés des agents du service d’assainissement

"L’article L. 1331-11 du code de la santé publique (CSP) prévoit que les agents du service d’assainissement aient accès aux propriétés pour procéder à la mission de contrôle et, dans le cas où les compétences facultatives sont demandées par le propriétaire, à l’entretien et aux travaux de réhabilitation des installations d’assainissement non collectif".

Sanction financière en cas d’opposition

"En cas d’obstacle mis à l’accomplissement de ces missions, l’occupant est astreint au paiement d’une somme au moins équivalente à la redevance qu’il aurait payé au service public d’assainissement si son immeuble avait été raccordé au réseau ou équipé d’une installation d’assainissement non collectif réglementaire. Cette somme peut être majorée par la collectivité, dans une proportion fixée par l’assemblée délibérante, dans la limite de 100 %".

Sanction de base automatique

"Cette sanction financière de nature fiscale s’applique automatiquement à l’occupant de l’immeuble, même en l’absence de délibération spécifique de la collectivité. Elle sanctionne le non-respect d’une obligation légale".

Une délibération du conseil est nécessaire pour exiger une majoration

"En revanche, une délibération est nécessaire pour exiger la majoration de cette somme."

Procédure à suivre

"En cas de refus d’un particulier de se soumettre à son obligation, notamment en cas d’obstacle au contrôle par l’agent du service public d’assainissement non collectif (SPANC), la collectivité doit appliquer les procédures classiques en matière de recouvrement.

Ces différentes étapes de la procédure de recouvrement doivent être décrites dans le règlement de service.

 L’agent du SPANC, qui n’est pas un agent assermenté, informe le maire du refus d’accès pour l’exécution de la mission de contrôle.

 Le maire, au titre de son pouvoir de police, peut lancer une procédure de mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception afin de notifier au particulier ses obligations relatives à l’assainissement non collectif et les sanctions encourues en cas de refus.

 Le maire peut alors faire intervenir un agent assermenté pour faire recourir à ces obligations le propriétaire ou l’occupant".

Trois mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende

"Par ailleurs, l’article L. 1312-2 prévoit également que « le fait de faire obstacle à l’accomplissement des fonctions des agents (...) des collectivités territoriales mentionnés à l’article L. 1312-1 est puni de trois mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende ».

Le refus d’accès opposé à un agent assermenté est ainsi susceptible d’être sanctionné conformément à ces dispositions."

Compétence des juridictions administratives en cas de litige

"En cas de litige et de contentieux relatifs au paiement, ce sont les juridictions administratives qui sont seules compétentes".

Site internet dédié

"Toutefois, avant d’utiliser ces moyens coercitifs, le SPANC assure une large information des administrés concernant leurs obligations, ainsi que l’intérêt et l’objectif des contrôles prévus. Enfin, le site Internet dédié à l’assainissement non collectif (http://www.assainissement-non-collectif.developpement-durable.gouv.fr) permet de communiquer des informations aux divers acteurs de l’assainissement non collectif."

Réponse du 17/05/2011 à la Question N° : 45953 de M. Jean-Paul Bacquet

 Un propriétaire qui s’oppose au contrôle de son installation d’assainissement est redevable d’une somme au moins équivalente à la redevance qu’il aurait payé au service public d’assainissement si son immeuble avait été raccordé au réseau ou équipé d’une installation d’assainissement non collectif réglementaire. Cette sanction financière de nature fiscale s’applique automatiquement à l’occupant de l’immeuble, même en l’absence de délibération spécifique de la collectivité.

 Le conseil municipal peut décider, par délibération spécifique, une majoration de cette somme jusqu’à 100 %.

 Le fait de s’opposer à un contrôle par un agent assermenté (ce qui n’est pas le cas d’un agent du SPANC) est un délit passible de trois mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende.

 Le ministère de l’écologie et du développement durable a mis en ligne un site internet dédié à l’assainissement non collectif.


Références

 Article L1331-8 du code de la santé publique

 Article L1331-11 du code de la santé publique

 Article L1312-2 du code de santé publique


Voir aussi

 Service public d’assainissement non collectif (SPANC) : une commune peut-elle instaurer une redevance d’assainissement non collectif en prenant pour assiette le volume d’eau consommée ?

 Faut-il contrôler les rejets des eaux usées traitées par les installations d’assainissement non collectif (SPANC) ?

[1Photo : © Dmitry Vereshchagin